Masturbation féminine : tabou ?

La masturbation concernerait près de 85 % de femmes et serait le meilleur moyen d’atteindre l’orgasme. Mais la plupart d’entre elles la considère encore comme une pratique honteuse.

Selon nombre de sexologues, la masturbation féminine serait essentielle à une vie sexuelle épanouie. C’est pour aider les femmes en ce sens que Jane Hunt a écrit « Osez…la masturbation féminine ». Un excellent ouvrage qui regorge de conseils pratiques sur la masturbation.

Des années 20 aux années 70
Les femmes séparées de leurs hommes pendant la guerre de 14-18 commencent à évoquer entre elles la masturbation. Mieux encore, elles utilisent des vibromasseurs – à présent recommandés par les gynécologues et utilisés lors de thérapies sexuelles dans les années 30. Pour autant, la masturbation n’est pas encore admise par la population, puisque le fameux rapport du docteur Kinsey sur la sexualité féminine (1953) –qui dévoile que 68 % des femmes se masturbent– fait scandale. Les féministes prennent alors le relais dans les années 70 et prônent la masturbation féminine. En 1977, le rapport Hite révèle qu’à présent, 82 % des femmes disent se masturber.

Des années 70 à aujourd’hui
Dans les années 90, l’arrivée du Sida va changer la donne. Avec lui, naît le terme de « safe sexe ». Comme l’écrit Jane Hunt, « à présent, se masturber est devenu un geste de santé publique ». Et d’épanouissement sexuel, comme nous allons le voir ensuite.

Les bienfaits de la masturbation féminine
De nombreuses études démontrent que la masturbation féminine contribue à une vie sexuelle beaucoup plus active et épanouissante. En effet, la grande majorité des femmes ne parvient à jouir qu’en se caressant. Grâce à la masturbation féminine, on peut repérer ses points sensibles et parcourir son corps : clitoris, point G, et autres zones érogènes.

Techniques de masturbation :

Avec les mains : Nos mains sont nous outils. Elles savent donner du plaisir, effleurer, presser, pincer, sculpter, masser, chatouiller, griffer… Elles peuvent être froides, glacées, tièdes ou brûlantes, sèches, humides ou encore huilées pour caresser en douceur… Elles participent à l’amour du début à la fin, des préliminaires à l’arrivée de l’orgasme. Ce que l’on appelle la masturbation réciproque n’est en fait que l’amour avec les mains. On ne devrait jamais parler de masturbation, car ces caresses ne sont absolument pas solitaires ! L’amour manuel est très important, car il permet de s’aimer dans les moments où la classique pénétration n’est pas possible.

 Avec la bouche : La bouche commence ses caresses avec les baisers. Elle embrasse, tète, mordille, aspire, souffle, mord, titille avec la langue, lèche… On se sert de ses lèvres, de sa langue, de ses dents, de sa salive. Cette bouche peut aussi bien s’occuper de la bouche de l’autre que de son visage, de son corps ou de son sexe. Elle s’adapte encore mieux que les mains à la multiplicité des caresses, car elle ressent plus finement les sensations.

Avec le corps : Le corps est souvent le grand oublié des caresses ! Une caresse donnée avec les pieds, avec les genoux, les épaules, les seins, les coudes, les cheveux… tout ce qui présente un relief peut servir à caresser, à donner du plaisir à l’autre, à le surprendre ou l’intriguer.